L’entrepreneuriat au féminin
(loin des clichés et des success stories…)
Chloé Jond, le 13/02/2026
Lors du premier rendez-vous de mon accompagnement, nous parlons de tout, sauf de stratégie de communication.
Bien sûr, c’est le motif officiel d’Ellipse : clarifier ta communication à travers une stratégie adaptée, alignée, et durable. Mais ça, c’est seulement la pointe visible de l’iceberg…
Car le véritable motif de ce premier rendez-vous est de te rencontrer TOI, l’humaine derrière l’entrepreneuse. De te questionner sur tes désirs profonds pour ton entreprise, mais aussi d’identifier tes freins, tes blocages, tes craintes.
Car l’entrepreneuriat, surtout lorsque l’on évolue seule, agit comme un véritable révélateur. Ton projet met en lumière des ressources insoupçonnées, mais aussi des fragilités.
Certaines peurs sont faciles à nommer : la crainte de ne pas réussir après un échec, le sentiment d’illégitimité, la peur de ne pas générer un chiffre d’affaires suffisant. D’autres sont plus diffuses : la difficulté à se montrer telle que l’on est, la peur de se nicher, ou encore l’ambivalence face à la réussite elle-même.
Avant même d’aborder les outils ou les stratégies, il me semble absolument nécessaire d’aller regarder cet espace intérieur. Non pour s’y attarder indéfiniment, mais pour comprendre à partir de quoi l’on construit. C’est dans ce travail d’observation que se dessine ce que j’aime appeler le cap entrepreneurial : la capacité à décider d’une direction en tenant compte de ses aspirations profondes. Il ne s’agit pas d’une posture héroïque ni d’un idéal de performance, mais d’un point d’équilibre entre ambition et lucidité.
Une liberté qui engage et qui responsabilise...
On associe souvent l’entrepreneuriat à l’idée de liberté : liberté d’organisation, liberté de création, liberté de choisir ses collaborations. Cette liberté existe, et elle constitue l’un des moteurs principaux de celles qui se lancent.
Pourtant, elle s’accompagne d’une réalité moins évoquée : l’absence de structure externe stable. Lorsqu’il n’y a ni hiérarchie, ni cadre imposé, ni salaire garanti, chaque décision repose sur soi. Tu es la seule responsable de ton activité. Même si tu choisis de déléguer, de t’entourer, de te mettre en réseau, tu seras toujours celle qui a le dernier mot.
Être entrepreneuse, c’est donc porter simultanément de nombreuses responsabilités, souvent invisibles de l’extérieur. C’est assurer la viabilité économique de son activité, prendre des décisions stratégiques, gérer les imprévus, ajuster son offre, communiquer, planifier…
C’est aussi accepter que les périodes de doute fassent partie du chemin et que l’incertitude ne disparaisse jamais complètement. La solitude décisionnelle, la charge mentale, la fluctuation des revenus ou la difficulté à délimiter clairement le temps professionnel du temps personnel ne sont pas des anomalies : elles constituent le quotidien de nombreuses indépendantes.
Dans ce contexte, les peurs ne sont pas des signes de faiblesse. Elles sont souvent proportionnelles à l’engagement investi. Peur de ne pas être à la hauteur, de faire un mauvais choix, de s’épuiser, de ne pas trouver sa place sur un marché concurrentiel. Reconnaître leur présence ne signifie pas leur céder la direction, mais accepter qu’elles participent à l’équation. La posture entrepreneuriale ne consiste pas à les faire disparaître, mais à en avoir bien conscience pour apprendre à décider avec elles, sans se laisser déborder.
La spécificité du secteur du bien-être : une implication personnelle accrue
Lorsque l’on évolue dans le secteur du bien-être, cette dynamique prend une intensité particulière (je le sais, je suis aussi professeure de Yin Yoga). Le cœur de l’activité n’est pas un produit tangible, mais une expérience, une relation, une transformation. L’accompagnement repose sur la qualité de présence, sur la capacité à écouter, à accueillir, à soutenir. L’identité professionnelle se mêle étroitement à l’identité personnelle.
Il devient alors plus difficile de compartimenter. Une période de fatigue peut être interprétée comme un manque de légitimité. Un questionnement personnel peut faire douter de sa capacité à accompagner. La cohérence entre ce que l’on transmet et ce que l’on vit prend une place centrale. Dans un univers où l’on parle d’alignement, d’équilibre et de conscience, l’exigence envers soi peut devenir particulièrement forte.
À cette implication émotionnelle s’ajoute la réalité économique :
- fixer un tarif viable pour un accompagnement humain
- rendre visible une offre parfois intangible
- assumer une posture d’experte sans renier sa sensibilité.
L’enjeu n’est pas seulement de développer une activité viable, mais de le faire sans se couper de ses valeurs. C’est précisément ici que la question de la posture devient essentielle : comment tenir ensemble la dimension entrepreneuriale et la dimension profondément humaine de son métier ?
L'importance d'un cadre souple.
Dans notre monde actuel, l’idée de réussite est corrélée à une rigueur sans failles et à la continuité. Il faut une méthode solide, des process clairs, une feuille de route précise. Sur lesquels on ne revient pas.
Et pourtant, lorsqu’on observe les cycles décrits par Hudson dans sa théorie des cycles de vie (voir mon précédent article), on comprend que la vie entrepreneuriale (et la vie tout court…) ne suit pas une ligne droite, mais se déploie en phases, avec des pauses nécessaires.
Adopter un cadre souple, ce n’est pas l’absence de structure (crois-moi, je suis quelqu’un de très structurée !). Mais c’est adopter une structure vivante.
C’est accepter que certaines saisons soient faites pour construire et d’autres pour questionner. Que parfois l’énergie est tournée vers l’extérieur, la visibilité, la croissance, et qu’à d’autres moments, elle appelle au retrait, à l’ajustement, à la redéfinition.
Ce cadre-là ne nie pas les fluctuations mais les intègre. Il permet de tenir dans la durée sans se rigidifier et d’évoluer sans tout déconstruire. D’écouter les signaux faibles avant qu’ils ne prennent trop de place (hello la team surmenage).
Dans un parcours entrepreneurial féminin, cette souplesse est souvent vitale. Parce que nos rythmes ne sont pas linéaires. Parce que nos priorités bougent. Et parce que notre identité et nos priorités évoluent en parallèle de notre activité.
Et c’est là que l’idée de slow communication prend tout son sens…
La posture de la slow communication
La slow communication n’est pas une énième méthode marketing que l’on applique à la lettre. C’est une manière d’habiter son entreprise. Une façon de refuser la course permanente pour revenir à quelque chose de plus incarné, ajusté à son propre rythme.
Elle naît souvent d’un trop-plein, d’un moment où l’on comprend que communiquer ne devrait pas nous épuiser davantage que le cœur de notre métier.
Ralentir ne signifie pas disparaître. Cela signifie choisir. Choisir ce que l’on partage, quand on le partage, et surtout depuis quel espace intérieur on le fait, en restant maîtresse de ses canaux de communication et de son rythme. C’est cesser de produire pour répondre au bruit ambiant et recommencer à parler depuis un endroit stable.
La slow communication devient alors un acte de cohérence. Une manière d’aligner sa visibilité avec ses valeurs, son énergie, son tempo en temps réel et de façon consciente.
Trois manières d’ancrer cette posture dans ta communication en tant qu'entrepreneuse
1. Clarifier ton cap avant ton calendrier éditorial.
Avant de planifier quoi que ce soit, reviens à ta direction profonde. Où veux-tu aller avec ton entreprise ? Qu’est-ce que tu refuses désormais ? Une communication alignée commence toujours par un positionnement intérieur clair.
2. Choisir un rythme soutenable.
Plutôt qu’un rythme “idéal”, choisis un rythme viable. Celui qui respecte ton énergie actuelle, ton contexte de vie, la réalité de ton activité. La régularité n’a de valeur que si elle est réalisable sans saboter l’énergie qui nourrit le coeur de ton entreprise.
3. Accepter les phases de retrait.
Tout ne mérite pas d’être documenté. Certaines évolutions ont besoin de silence. Autorise-toi ces espaces sans les interpréter comme des échecs. Ils font partie du mouvement.
Conclusion
Tu l’auras compris, si lors du premier rendez-vous d’Ellipse, on parle de tout sauf de communication, ce n’est pas histoire de papoter, c’est le cœur de mon approche.
Parce que la stratégie n’est que la partie visible. Ce qui compte, c’est depuis quel espace tu construis. La femme que tu es derrière ton entreprise.
La slow communication n’est alors qu’une traduction extérieure d’un alignement intérieur.
Et c’est là que se dessine ton cap entrepreneurial.
Non pas une ligne droite tracée à la règle, mais une direction choisie en conscience, un point d’équilibre entre ambition et lucidité. Une manière d’avancer sans te perdre en chemin.
Je m’appelle Chloé.
Avec Comette, je t’aide à structurer ta communication en adoptant une stratégie SLOW : alignée, impactante, et durable.